Ah ! Que la crise est jolie !

28 de Outubro de 2011 § Deixe um comentário

Il est temps : Indignés, Atterrés, Bafoués et Humiliés crient leur révolte contre les financiers spéculateurs, les politiciens tueurs de la politique et les bourgeois à qui ce que chantait Jacques Brel colle si bien.

« Ah ! Que la guerre est jolie » (Oh ! What a Lovely War) était le titre d’une comédie musicale (de John Littlewood, 1963) et d’un film (de Richard Attenborough, 1969) mettant en scène le désastre de la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, il n’est nul besoin d’artistes créatifs pour donner à voir la désolation de la crise et de sa gestion. Les gouvernements, les financiers et les agences de notation se chargent de faire le spectacle.

(…)

Dès l’éclatement de la crise, pendant l’été 2007, tous les gouvernements promettent de « moraliser le capitalisme », de « réguler la finance » et de « supprimer les paradis fiscaux ». Ils vont même jusqu’à sauver les banques après la faillite de Lehman Brothers en 2008, alors que, jusque-là, ils assuraient que les marchés étaient auto-suffisants, efficients et stabilisateurs. La crise financière, née des contradictions d’un capitalisme qui n’en pouvait plus d’écraser son salariat, ne pouvait déboucher que sur une crise économique, avec récession, chômage et misère à la clé. S’étant déjà auto-mutilés en défiscalisant les riches, les États voient alors, sous le coup de la récession, exploser leurs déficits et leur dette. Les plus fragiles d’entre eux sont les premières cibles de la spéculation, puis de fil en aiguille : Grèce, Irland, Portug, Espa, Ita, Fr…

(…)

Le ridicule ne tue plus, le cynisme ou l’ignorance non plus. Heureusement pour les économistes bien-pensants. Je me souviens qu’en 2002, j’avais commenté le livre d’un économiste qui croyait à l’efficience des marchés financiers et qui écrivait : « L’introduction d’une taxe Tobin pourrait ainsi remettre en cause les vertus du pouvoir de contrôle et de sanction des marchés financiers. »[1] Les vertus du pouvoir de contrôle et de sanction des marchés ! La crise est une vertu !

Le triste spectacle de l’économie est appelé à rebondir. On en redemande : ah ! que la crise est jolie !

 

[1] Y. Jegourel, La taxe Tobin, Paris, La Découverte, 2002, p. 70. Mon commentaire « La douleur des pauvres vaut-elle une taxe Tobin ? » m’avait valu des injures de tous bords. Dix ans après, je l’ai relu et, exceptée une petite erreur corrigée, je confirme. Les vertus du pouvoir de contrôle et de sanction des marchés financiers ! Il faut oser.

 

Jean-Marie Harribey – Ah ! Que la crise est jolie !

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